Gérard Longuet : En même temps, nous sommes l’un des pays où l’accès à la nationalité est le plus facile.
Olivier Ferrand : Il y a un classement européen qui s’appelle le Mipex (Migrant integration policy index) qui évalue la qualité du séjour d’accueil des migrants. La France arrive au 22e rang sur 27. Vous évoquiez le regroupement familial. Il n’y a que la France qui impose un délai de 18 mois avant de pouvoir poser un dossier de demande de regroupement familial. Vous imaginez si vous êtes vraiment travailleur en France et que vous avez une famille ? Pendant 18 mois, vous ne pouvez pas la voir et quand vous en faites la demande, il faut attendre en pratique encore de longs mois avant que votre famille puisse vous rejoindre. Pendant 3 ou 4 ans, vous avez vécu seul. C’est ce genre de situation individuelle que l’on crée pour les migrants. A partir du moment où l’on sait que ceux qui viennent deviendront français à la fin, à 95 %, ils vont devenir français – quel que soit le débat politique que l’on peut avoir sur le volume, et je suis tout à fait d’accord pour qu’on ait ce débat -, on devrait pouvoir se mettre d’accord. A partir du moment où ces migrants vont venir et deviendront dans l’immense majorité des cas français, il faudrait avoir une politique d’intégration des migrants qui leur permettent de devenir français dans de bonnes conditions plutôt que dans les pires conditions. Ce qui est le cas à l’heure actuelle. Le droit de vote des étrangers aux municipales exclusivement est l’une de ces étapes : vous payez des impôts, vous avez un mot à dire sur les politiques municipales...
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Terra Nova in Figaro Magazine: "Les valeurs de la République"
